Portrait de l’écrivain en autodidacte

  • Michel Biron

Résumé

L’écrivain devient rarement écrivain par les voies traditionnelles de l’école. En ce sens, il constitue toujours à quelque degré un autodidacte. Toutefois, la valeur sociale d’une telle figure, qu’il s’agisse de l’écrivain lui-même ou d’un personnage de fiction, varie considérablement selon les cultures et les époques. Dans La Nausée de Jean-Paul Sartre, l’Autodidacte est un personnage complexé qui envie le savoir et la culture de Roquentin. À l’inverse, on trouve nombre de textes littéraires où la figure de l’autodidacte est valorisée. C’est particulièrement vrai dans l’histoire de la littérature québécoise, depuis le XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Cet article propose d’en faire la démonstration à travers une série d’exemples tirés de chacune des périodes, mais en insistant sur la figure de « l’autodidacte exemplaire » propre à la Révolution tranquille, qui oppose la culture comme désir à la culture comme héritage scolaire.

Abstract

A writer becomes rarely a writer through studying at school. Speaking of a self-made writer would seem tautological since every writer could pretend to be one at some extent. Nevertheless, the social value of the self-made writer and of it’s literary representations vary a lot from a country to another, and from a period of time to another. In La Nausée from Jean-Paul Sartre, the character of “L’Autodidacte” envy Roquentin’s background and try to walk in his step. At the opposite, there are many examples of literary texts where the self-made is appreciated, if not admired as the true possessor of culture. It’s often the case in the history of Quebec’s literature, from 19th century up to now. This article try to demonstrate such fortune of the self-made by studying examples of Quebec literature chosen in each of the main periods, but especially during the “Révolution tranquille” around the “autodidacte exemplaire” who refuse the culture as inheritance and worship culture as personal desire.

Rubrique
Dossier - Filiations intellectuelles dans la littérature québécoise