Développement résidentiel contrôlé et réalités du terrain : croissance périurbaine formelle et informelle dans la ville de Nairobi, Kenya

Auteurs-es

DOI :

https://doi.org/10.18192/cdibp.v1i1.7567

Mots-clés :

housing informality, informal land development, development fantasy, controlled housing development, urban governance

Résumé

Deux processus parallèles de développement foncier urbain façonnent l’urbanisation en Afrique subsaharienne : le développement formel et le développement informel. Les zones urbaines du Kenya illustrent clairement la coexistence de ces deux processus, dont la frontière devient, dans la plupart des cas, de plus en plus floue. Le développement foncier informel s’opère souvent au sein d’un environnement pourtant « réglementé ». De plus, ces dynamiques sont fréquemment caractérisées par une croissance discontinue, dans laquelle le développement du logement précède la mise en place des infrastructures nécessaires, entraînant des formes de développement fragmentées et des environnements urbains désarticulés.

Cet article évalue les dynamiques du développement résidentiel et de l’urbanisation afin de mieux comprendre les facteurs qui favorisent l’informalité dans les nouveaux quartiers résidentiels situés à la périphérie de Nairobi, en particulier dans le lotissement de Nasra Garden Estate. En mobilisant des analyses qualitatives et spatiales, la recherche met en évidence les décalages entre les réglementations de l’urbanisme et les pratiques réelles de développement dans le quartier de Nasra.

Les résultats montrent que des promoteurs privés, opérant sous une supervision limitée des autorités publiques, acquièrent des terrains commercialisés par des sociétés d’achat et de vente foncière dans le cadre de projets de « développement résidentiel contrôlé ». Toutefois, le développement ultérieur de ces terrains se fait de manière progressive, sans respect adéquat des procédures et réglementations d’urbanisme, et se caractérise souvent par l’absence d’infrastructures essentielles telles que les réseaux d’assainissement, d’approvisionnement en eau et les routes pavées. En conséquence, le caractère initialement « contrôlé » de ces développements résidentiels s’érode progressivement.

L’étude souligne ainsi la nécessité de concilier les cadres de planification formels avec les réalités observées sur le terrain dans les villes africaines, afin de combler l’écart entre les ambitions planifiées et la réalité du développement urbain.

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Publié-e

2025-12-24

Numéro

Rubrique

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