Vol. 1 No. 2 (2026): Deuxième numéro
Introduction éditoriale – Deuxième numéro
City Development: Issues and Best Practices (CDIBP)
Ce deuxième numéro de City Development: Issues and Best Practices (CDIBP) consolide l’ambition de la revue de situer la recherche urbaine à l’intersection de la pensée systémique, des pratiques ancrées et du dialogue global–local. Dans le prolongement du numéro inaugural, il propose une lecture plus intégrée des défis urbains contemporains, dépassant les approches sectorielles pour appréhender la ville comme un système complexe et multi-scalaire.
À travers des contributions portant sur le Canada, la Chine, la Tunisie et le Kenya, un constat commun se dégage : les défis urbains—qu’il s’agisse de l’accessibilité au logement, de la vulnérabilité climatique ou des tensions sur les infrastructures—sont de plus en plus systémiques, tandis que leurs réponses demeurent profondément ancrées dans des contextes institutionnels, sociaux et spatiaux spécifiques. La richesse de ce numéro réside autant dans la diversité des cas étudiés que dans la manière dont ces contributions éclairent les interactions entre structures, acteurs, savoirs et mise en œuvre.
Repenser les systèmes urbains : de la structure à l’action
Au niveau structurel, Gianni propose une lecture comparative des systèmes de logement au Canada et en Chine, non pas comme des modèles opposés, mais comme des configurations distinctes d’une même tension entre offre, accessibilité et capacité de gouvernance. Cette analyse invite à dépasser les logiques de transfert de politiques pour considérer le logement comme un système institutionnel façonné par des dynamiques de long terme.
Dans un déplacement du regard vers l’action, Enns et al. mettent en évidence le rôle des jeunes dans la réponse aux crises climatiques dans le quartier informel de Mathare, à Nairobi. Leur étude montre que la résilience ne relève pas uniquement des dispositifs institutionnels, mais qu’elle est co-produite à travers des réseaux sociaux ancrés, des savoirs locaux et des formes d’engagement communautaire.
Savoirs, traduction et pratiques
Une tension centrale concerne l’écart entre production de connaissances et capacité d’action. Moghaddam et al. analysent l’essor rapide de l’intelligence artificielle dans les études urbaines, tout en soulignant un décalage persistant entre sophistication technique et pertinence pour la décision publique. La prédominance des approches prédictives et la faible intégration des dimensions d’équité et de durabilité révèlent les limites actuelles de ces innovations.
Cette question de la traduction des savoirs est abordée différemment par Achour-Younsi et al., qui proposent une approche pédagogique fondée sur l’apprentissage par projet dans des écoquartiers réels. Leur contribution montre comment formation, performance environnementale et pratique professionnelle peuvent être articulées de manière mesurable et transférable.
Convergences dans la pratique urbaine
Ces dimensions structurelles, sociales et cognitives se rejoignent dans le domaine des infrastructures et des services. L’analyse de Shileche sur les transports publics à Nairobi met en évidence l’imbrication entre héritages historiques, fragmentation institutionnelle et croissance urbaine rapide. Les infrastructures apparaissent ainsi comme des espaces où se matérialisent les choix de gouvernance et les contraintes institutionnelles.
Pris ensemble, les articles de ce numéro montrent que les défis urbains ne peuvent être abordés de manière sectorielle. Les systèmes de logement structurent les inégalités, mais sont réinterprétés par les pratiques sociales ; les innovations technologiques élargissent les capacités d’analyse sans garantir leur intégration institutionnelle; les dispositifs pédagogiques facilitent la mise en pratique, tandis que les réalités de terrain en révèlent les limites. Le développement urbain apparaît dès lors comme un processus d’ajustement continu—partiel, négocié et contextuel—entre structures, acteurs, savoirs et interventions.
Perspectives
Ce deuxième numéro confirme le rôle de CDIBP comme plateforme de réflexion intégrée et orientée vers l’action. En articulant analyses comparatives, dynamiques communautaires, innovations technologiques et approches pédagogiques, il contribue à une compréhension plus opérationnelle des transformations urbaines.
Nous adressons nos sincères remerciements aux auteurs et aux évaluateurs, ainsi qu’à la communauté ICCCASU pour son engagement constant dans la promotion d’un agenda urbain global et ancré dans les pratiques.